mercredi 15 juin 2011

L'ajustement émotionnel

Lors d'une expatriation, un paramètre très important à considérer est l'ajustement émotionnel de l'expatrié dans le temps, car comme dans tout voyage et dans toute découverte d'un nouveau milieu, l'individu passe par une phase de hauts et de bas, qui pourrait constituer à terme un facteur d'échec à l'adaptation. Ainsi, connaître à l'avance et se préparer aux différentes "secousses" émotionnelles qui l'attendent sera un grand atout pour le futur expatrié.




La courbe U

 La courbe U est un des modèles les plus utilisés pour mesurer l'ajustement émotionnel de l'individu dans un nouveau milieu de vie, et ceci dans un temps donné. Selon ce modèle, l'ajustement émotionnel de l'individu passe par 4 étapes :
1. la  lune de miel,
2. le choc culturel,
3. l'adaptation ou l'échec,
4. la maturité.

Comment je l'ai vécu ...


Dans mon cas, sur un voyage de 3 mois, ma phase de lune de miel a duré 4 semaines, pour ensuite entrer dans une dure période de choc. Après 2 semaines de choc, je suis actuellement en quête de l'adaptation.

La lune de miel
La lune de miel est généralement caractérisée par une période d'enchantement, de curiosité et d'intérêt pour le nouveau pays. L'individu se concentre plus sur la similitude que sur la différence. Il ne voit que du positif et nage dans le bonheur de découvrir. A mon arrivée, j'ai été tout simplement impressionnée : la ville, la nourriture, le campus universitaire... rien que des émotions positives. Je prenais plaisir à découvrir le pays, à goûter, à prendre des photos, etc. Je retrouvais beaucoup de similitudes entre le Mexique et Madagascar, mon pays d'origine : le climat, le paysage, les fruits, la famille, certaines habitudes ... Ce qui m'enchantait encore plus. Ce qui était intéressant c'est que je lisais les théories : je savais très bien qu'il existait plusieurs phases dans l'ajustement émotionnel, que je vais "théoriquement" subir un choc culturel. Mais j'étais certaine que non, tellement je me sentais bien, j'étais heureuse de mon séjour, que je me disais que je ne pourrais pas être choquée. Et pourtant ...

Choc !
Un mois de séjour et voilà le choc ! Querétaro est une ville très tranquille, avec un niveau de sécurité très élevé. Selon les statistiques, elle est la deuxième ville la plus sûre (selon le niveau de sécurité) du Mexique. Alors, j'étais loin de m'attendre à me faire voler mon sac, où j'avais toutes mes pièces d'identité ainsi que ma carte bancaire. Mais c'est arrivé ! Le premier élément de choc a été la déception par rapport à l'opinion que je me suis de la sécurité dans la ville. Le deuxième élément a été la résolution des problèmes qui y ont été liés :  remplacer mon passeport, ma carte bancaire etc. J'ai découvert une lenteur administrative impressionnante. Je   parlerai plus en détails des éléments culturels qui m'ont choqué dans l'article suivant. Je vous décrirai plutôt dans celui-ci les caractéristiques de cette deuxième phase de l'ajustement émotionnel.
On peut définir le choc culturel comme étant une période de stress, due à une transition importante. Cette phase peut être caractérisée par une grande anxiété, voire une dépression, une prise de panique, une insomnie, la perte d'appétit ou au contraire par une boulimie, dépendamment de la personne. Dans mon cas, elle a plutôt été caractérisée par une colère et une anxiété, suivie d'insomnie. Relativement à la colère, la raison en était que tout me décevait. Sans faire exprès, j'en voulais aux membres de ma famille d'accueil dès que quelque ne m'allait pas, de même à l'équipe du TEC dès qu'il y avait le moindre retard. Dès que je percevais la moindre faille, je ne pouvais m'empêcher d'assimiler cela à leur nature "mexicaine" et de m'en fâcher. Pour ce qui est de l'anxiété, elle a été causée par la peur que rien ne se résolve, à cause justement de la lenteur. Pour cela, je perdais le sommeil. Cette période a duré environ une quinzaine de jours, jusqu'à ce que je sois décidée à arrêter car j'étais la seule perdante, ils ne changeront pas parce que je le veux ou parce que je suis fâchée. C'était tout simplement à moi de m'adapter. D'où mon entrée dans la troisième phase : la quête de l'adaptation.

Adaptation
Suite au choc culturel, il y a deux cas de figure possibles : l'adaptation et l'échec. Il s'agira d'échec lorsque l'individu est trop déçu, et ne veut faire aucun effort, il abandonne et retourne chez lui. De l'autre côté, pour s'adapter, il lui faudra commencer par chercher à connaître et comprendre la culture, ensuite l'accepter et finalement s'ajuster. Dans mon cas, je me suis adaptée. J'ai beaucoup appris sur la culture mexicaine. Après les différents témoignages, j'ai compris qu'ainsi est la vie au Mexique, que tous les expatriés ont dû faire face à plusieurs aspects de la culture mexicaine, qu'ils ont tous fait des efforts pour cela. Ce ne sera pas du jour au lendemain que l'on verra cela changer, non, c'est à moi de l'accepter et de m'y adapter.

Ce que je voudrais souligner de plus dans tout cela, c'est qu'il n'y a pas de supériorité culturelle. Chacun a sa propre culture et doit s'adapter à celle des autres. Lorsque l'on vit un choc culturel,  le piège est de rabaisser l'autre culture. En effet, il y a des aspects culturels dus au retard économique, ce facteur n'est pas à négliger. Mais il faut savoir faire la différence entre culture et indices de développement.

1 commentaire:

  1. Bonjour,
    Merci beaucoup pour cet article tres interessant.
    J'ai un ami qui est expatrie dans le meme pays ou je vis: ton article exprime ce qu'il est en train de vivre!
    Merci aussi pour la clarte de tes explications.
    Je suis desole pour ton mesaventure (vol de ton sac) et je te souhaite bonne adaptation!

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